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André Streel

Recherche de la vérité

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AU PARC

Au Parc

 

Je m'en allais le cœur au vent,

Dans l'indécis, tel un passant,

Cueillir les jeux et les surprises,

Les graves airs et les sottises

D'humaines gens déambulant

Dans le grand parc ouvert au vent.

Piaillements plus que frivoles,

C'était déjà fini, l'école!

Et l'on courait en se battant,

Le sac trop lourd de faux savants...

Il me sembla par ces francs rires

Retraverser un gai martyre,

A côté d'eux, sur un vieux banc

Qui m'attendait depuis trente ans.

L'encre soudain était humide

Et serpentait en ligne avide

De dessiner le clair printemps,

Quand tout palpite, effervescent!

Charmants coquins, sacrés poètes,

Etonnements toujours en fête,

Merci les gars pour la leçon!

Dus-je leur dire à ma façon.

Me croirez-vous? Je les vis même

Rester ainsi, pleins de "je t'aime",

Soleils vivants, ne plus grandir,

Tellement fous de hauts désirs.

Déjà par deux! Et les petites

Avaient ces yeux qui précipitent

Les vrais serments, les purs hymens

Mettant à jour le noble éden.

J'étais déjà dans d'autres âges,

Sans morts ni pleurs, sans maux ni rages.

L'esprit vainqueur, le cœur léger,

Je m'en allais nouveau, rené,

A dos de vent, par l'éther libre

Où le bonheur sans répit vibre.

 

 

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